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	<title>En Beauté</title>
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	<description>Le blog de Diastème</description>
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		<title>Anne Hathaway</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 00:22:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n’ai bizarrement jamais eu de grande passion pour les actrices, les actrices dans les films. Je n’ai jamais été groupie, fan, adorateur sans faille de telle ou telle d’entre elles. Je sais apprécier les meilleures, bien sûr, leur rendre grâce, respect, admiration quand <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/22/anne-hathaway/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/Anne-Hathaway-38527.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3197" title="Anne-Hathaway-38527" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/Anne-Hathaway-38527-300x187.jpg" alt="" width="300" height="187" /></a>Je n’ai bizarrement jamais eu de grande passion pour les actrices, les actrices dans les films. Je n’ai jamais été groupie, fan, adorateur sans faille de telle ou telle d’entre elles. Je sais apprécier les meilleures, bien sûr, leur rendre grâce, respect, admiration quand il le faut, mais leurs photos n’ornent pas mes murs, leur image mes fantasmes.</p>
<p>J’ai aimé Carole Laure, beaucoup, dans les films de Gilles Carle, ou <em>Préparez vos mouchoirs</em>, <em>Sweet Movie</em> – mais c’était essentiellement sexuel, oui, même si elle jouait bien. J’étais petit, je découvrais, j’en étais fou. Plus tard, aucune actrice française (ou francophone) ne m’a refait cet effet. J’en adore plein, évidemment, mais je n’irais pas voir un mauvais film pour la seule raison d’une d’entre elles.</p>
<p>Les actrices que j’adore, que j’admire, je travaille avec elles, ai travaillé avec elles, travaillerai avec elles, ce sont elles que je préfère dans ce pays. Les autres cela dépend des films, des rôles. Et je ne suis pas toujours très tendre. Si quelqu’un que j’aime me déçoit, tourne dans un film honteux, l’admiration fait volte-face, le désir demi-tour.</p>
<p>Côté autres pays, là encore, pas des masses. Quelques passions, parfois fugaces, parfois durables, pas pour les grandes vedettes en plus. Si je vous dis Elizabeth Shue, par exemple, cela ne vous dira peut-être rien. Pourtant, voyez <em>Leaving Las Vegas,</em> et vous aussi en tomberez amoureux. (Voyez <em>Leaving Las Vegas</em>, quoi qu’il en soit, un de mes dix films préférés au monde).</p>
<p>Sachant que je suis évidemment beaucoup plus tolérant pour les comédiennes étrangères. Je ne les vois pas, elles, à la télévision, je ne les vois pas dans tel ou tel journal, assister à tel ou tel défilé à la con, ni répondre à telle ou telle interview à la con.</p>
<p>De fait, des comédiennes comme Catherine Keener, par exemple, gardent mon admiration intacte. Une immense comédienne, googleisez-là donc. Ou Frances McDormand. Ou Maggie Gyllenhaal – un génie, elle. Ou cette australienne incroyable qui jouait dans le dernier Jane Campion, Abbie Cornish. Et plein d’autres, bien sûr, que j’oublie.</p>
<p>Et puis il y en a une, que j’ai découvert récemment. Une jeune, une belle – mais pas si belle que ça. Anne Hathaway elle s’appelle.</p>
<p>Comme tout le monde, je l’ai découverte dans un très mauvais film, <em>Le Diable s’habille en Prada</em>, puis je l’ai vue dans une espèce de téléfilm Miramax où elle jouait le rôle de Jane Austen – vieille passion que je traîne pour Jane Austen. Puis je l’ai vue animer les Oscars avec ce formidable Hugh Jackman, puis dans <em>Love and other drugs</em> – pas si mauvais film que ça, avec le frère de ma Maggie, en plus, Jake Gyllenhaal, et là je viens de la voir dans une soupasse : <em>Un Jour,</em> le film s’appelle.</p>
<p>Ce n’est pas très très bien, donc. Comédie romantique dramatique, <em>Quand Harry rencontre Sally</em>, mais qui finirait mal, l’histoire de deux amoureux qui se ratent, pendant des années, qui s’aiment mais qui se ratent.</p>
<p>Anne Hathaway est formidable, comme toujours. Son jeu est tellement fin, son regard lumineux, sa gestuelle précise. C’est une grande comédienne, qui doit avoir trente ans, devrait faire de grands films. D’après ce que j’ai lu, son prochain sera <em>Catwoman.</em> Donc ce n’est pas gagné. Pas encore Liv Ullmann.</p>
<p>Dans <em>Un Jour</em>, vers la fin, après qu’elle et son amoureux se soient ratés pendant tout le film (verbe pronominal, pas sûr que ça s’accorde), il y a une scène très belle. Ils sont enfin ensemble, enfin heureux, elle porte une nuisette, assise sur un machin, adossée à un mur, elle le regarde, puis elle lui dit : <em>“Je veux un enfant de l’homme que j’aime…”</em> Contrechamp sur lui, qui la fixe, interdit – la caméra revient sur elle : <em>“Mais s’il refuse, ajoute-t-elle, je le ferai avec toi.” </em></p>
<p>Et là, sur son visage, un sourire se dessine, toute la beauté du monde.</p>
<p>Lui, désarmé, qui la regarde, comprenant, anéanti de joie, fou d’amour.</p>
<p>Les femmes sont surprenantes, des fois, oui. Anne Hathaway est surprenante.</p>
<p>Pas sûr sûr d’aller voir <em>Catwoman </em>pour autant.</p>
<p>Mais presque.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Cela va commencer à faire beaucoup, mais je n’y suis pour rien, ce sont d’heureux hasards. Mais le jeudi 1<sup>er</sup> mars, au théâtre Montmartre-Galabru, il y aura la première d’une nouvelle version de </em>107 ans<em>, que j’irai évidemment découvrir, avec curiosité, tendresse et émotion. Toutes les informations <a href="https://www.facebook.com/events/304394579610585/">là</a>.</em></p>
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		<title>De l&#8217;estomac</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 22:51:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[“Je suis sûr que tu as le plus bel intestin grêle qu’il puisse être donné de voir”. J’ai écrit ça, c’est dans Une Scène. C’est ma nouvelle “phrase préférée que j’ai écrite” au monde. Elle est passée devant “Sexuellement, se faire masturber au petit <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/19/de-lestomac/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/large.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3160" title="large" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/large-190x300.jpg" alt="" width="190" height="300" /></a>“Je suis sûr que tu as le plus bel intestin grêle qu’il puisse être donné de voir”</em>. J’ai écrit ça, c’est dans <em>Une Scène</em>. C’est ma nouvelle “phrase préférée que j’ai écrite” au monde. Elle est passée devant <em>“Sexuellement, se faire masturber au petit matin dans une Renault ayant appartenu à un pendu n’était pas des plus épanouissants”</em> – in <em>Les Papas et les mamans</em> (présente dans la version d’Hervé et Samuel aux Déchargeurs), qui a tenu la corde longtemps, jusqu’à <em>“Il faut courir, il faut hurler, il ne faut pas se laisser faire”</em> de <em>107 ans</em>, ou <em>“Être deux, c’est être la moitié d’un, alors qu’être un, c’est être personne&#8230;”</em> de <em>La Tour de Pise.</em></p>
<p>C’est très bizarre, ces histoires de phrases. On en écrit pourtant des tonnes, de phrases, on les aligne, on les enchaîne, on les ressasse, les réécoute, on les peaufine, et au final, souvent, on n’en retient qu’une, et jamais la même que les autres – quand la pièce, ou le roman, ou le film, sont achevés.</p>
<p>Ces derniers jours, par exemple, j’ai réentendu <em>La Tour de Pise</em>, et <em>Les Papas et les mamans</em>, que je n’avais pas réentendus, ni relus, depuis vraiment longtemps. Eh bien je me souvenais de tout. Gabrielle et Hervé jouaient, très bien, à trois cent kilomètres d’intervalle, quelques jours de distance, et leur texte me revenait – et même pour <em>Les Papas</em>, que j’ai écrit il y a quinze ans, que je n’ai jamais mis en scène. Même si je l&#8217;ai travaillé, quelque semaines, avec mon Marchalou, dix ans déjà mon grand.</p>
<p>Mais je sens que ce billet part en vrille, personne ne va rien y comprendre. Et d’autres phrases d’<em>Une Scène </em>me reviennent, en plus, m&#8217;en veulent, concourent.</p>
<p>Intestin grêle, je disais, relié à l’estomac.</p>
<p>Et là je pense à mon Bébert, Bertrand Combe, le plus grand Skouratov, des <em>Justes,</em> qu’il n’y a jamais eu – et je ne suis pas objectif, non, mais Camus, j&#8217;en suis sûr, eut été trop fier en le voyant.</p>
<p>J’ai fait à mon Bébert le plus beau compliment que je n’ai jamais fait à un acteur – et pourtant j’ai été gâté. J’ai travaillé – et je travaille, je travaillerai – avec de vraiment très très grands acteurs, des comédiennes inouïes, je pourrais les citer toutes et tous, et je peux être vraiment très dur, je ne suis pas très gentil dans le travail.</p>
<p>Dans <em>Les Justes</em>, Skouratov n’a qu’une scène, un acte, vingt minutes, un duel, entre lui et Yanek. Un soir où Bertrand me demandait un retour de metteur en scène sur sa prestation, mes <em>notes</em> – ce devait être la onzième ou douzième représentation au Chêne Noir – je crois lui avoir répondu : “Ben, c’est-à-dire, j’en sais rien, dès que tu entres en scène je vais fumer”, ou “Je vais pisser”&#8230; Pour être tout à fait sincère je ne sais plus très bien ce que j&#8217;ai dit – je crains que ce ne soit la seconde solution, plus drôle, mais je n’en suis pas très fier. Ce n’était qu’à moitié vrai, évidemment, mais ma confiance en lui était telle que je pouvais me permettre de souffler, me reposer un peu.</p>
<p>Je crois qu&#8217;il a compris.</p>
<p>Une histoire de confiance, oui, de confiance absolue – sachant que tout, dans la vie, est affaire de confiance.</p>
<p>Mais l’estomac, je disais, l’estomac.</p>
<p>Ce qui vous reste sur l’estomac, et ce qu’il en advient – pas seulement les ulcères.</p>
<p>C’est une drôle d’expression, non ? “Rester sur l’estomac”, “Avoir sur l’estomac”, “Garder sur l’estomac”. J’ai entendu cette expression tout à l’heure.</p>
<p>Le nombre de choses que mon estomac doit “garder”, “avoir sur”, me semble tout à coup abyssal. Mais c’est un mauvais sujet, je crois. Bon titre, mauvais sujet.</p>
<p>On ne peut jamais dire ce qu’on a “vraiment” sur l’estomac, c’est trop intime, trop dégoûtant, on garde ça caché en soi, bien dans son ventre, et puis plus tard, sans qu’on y pense, cela ressort, et cette espèce de boule vous nourrit, vous inspire, vous transcende.</p>
<p>Je me souviens avoir souvent répété, dans des interviews, que “le seul organe que je visais était le cœur”.</p>
<p>Mais la flèche partait de l’estomac.</p>
<p>Je vais m’arrêter là pour ce soir, allez.</p>
<p>Et j’aurai dit du bien de mon Bertrand.</p>
<p>Alors je suis heureux.</p>
<p><em>ADDENDUM/ J’ai reparlé des </em>Justes<em>, avant-hier, avec une journaliste vraiment très sympathique. Cela m’a fait bizarre, je n’avais pas reparlé des </em>Justes <em>depuis tellement longtemps. Je n’y pensais presque plus, mais il a suffi qu’elle m’en parle pour que tout resurgisse. Je n’ai pas </em>Les Justes<em> sur l’estomac, non,</em> Les Justes<em> sont dans mon cœur. Camus est dans mon cœur. Je vous raconterai un jour. Ma mère, Alger, tout ça.</em></p>
<p><em>PS/ Je n’ai pas encore lu le livre (voir photo) mais j’aime beaucoup Michel Onfray, même s’il peut lui arriver, comme à chacun, de dire quelques conneries – comme celle qu’avait relevée Charlotte, concernant la pièce de Castellucci au Rond-Point. J&#8217;adore cette couverture, je lirai ce livre.</em></p>
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		<title>Premier baiser</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 00:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’en ai parlé tout à l’heure à Julien, après que cet andouille m’a serré la main pour me dire au revoir, le genre de choses qui lui le fait rire.
Julien, que j’ai connu adolescent, et maintenant que je mets en scène, dont je <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/17/premier-baiser/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/mulholland-drive-2001-01-g.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3146" title="mulholland-drive-2001-01-g" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/mulholland-drive-2001-01-g-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a>J’en ai parlé tout à l’heure à Julien, après que cet andouille m’a serré la main pour me dire au revoir, le genre de choses qui lui le fait rire.</p>
<p>Julien, que j’ai connu adolescent, et maintenant que je mets en scène, dont je suis tellement fier, à qui je n’avais jamais serré la main.</p>
<p>Je lui ai brièvement dit ça, tandis que ses amis l’attendaient, qu’il avait très peu de temps, je lui ai dit qu’un jour j’écrirai un long texte sur ce thème du baiser ou du serrage de main, je lui ai dit que ce serait un texte qui parlerait football, et donc qui lui plairait.</p>
<p><em>Bien… Alors ! Que me vaut le plaisir de cette visite ? J’adore cette réplique, je peux la répéter ? – Mais faîtes donc ! – Bien… Alors ! Qu’ai-je donc à dire sur ce sujet ?</em></p>
<p>Quand j’étais tout petit, on se serrait la main. C’était les années soixante-dix, la banlieue. Même avec ses meilleurs amis on se serrait la main – je parle entre garçons, nous embrassions les filles. J’ai serré la main de mes amis jusqu’à tard au collège, les années quatre-vingt. Personne ne s’embrassait, cela ne se faisait pas. Les garçons se serraient la main, ou se pseudo-checkaient, comme nous le faisions avec ma bande, mais nous n’embrassions pas.</p>
<p>Un jour, et je me souviens exactement du lieu, c’était au bar-tabac de la gare de Bois-Colombes, je ne sais pas ce qui m’a pris mais, tandis que ma bande se séparait, je crois les avoir embrassés tous pour leur dire au revoir, avoir lancé cette mode. Il y avait là Marco, Eric, le Drab, Alex, Mathieu. J’ai instauré ce geste, tellement naturellement, qui ne surprît personne – nous nous sommes embrassés pour nous dire au revoir, au lieu de se checker, de se serrer la main, nous nous fîmes des bisous.</p>
<p>Cet événement fit date. Le lendemain matin, sans seconde d’embarras, nous nous sommes embrassés, devant l’école, devant tout le monde, et la mode fut lancée. Nul ne s’embrassait à l’époque, à l’école, à part nous. Et cela a perduré, dans les autres écoles, les universités, et l’époque avançait, les garçons s’embrassaient – se faisaient la bise disons.</p>
<p>Depuis j’embrasse très facilement – contrairement à Julien, qui aime serrer la main et qui aime vouvoyer. Je ne sais pas pourquoi, quand une personne me plaît, et quel que soit son sexe, naturellement je lui fais la bise, même si je la connais très peu. J’essaie de me contenir, j’essaie de vouvoyer, serrer la main – mais quand je continue de serrer la main d’une personne que je commence à bien connaître, c’est que je n’aime pas beaucoup cette personne – et via ce blog, au moins, elle le saura.</p>
<p>Par contre, vouvoyer, ça j’aime bien.</p>
<p>Il y a cinq ou six jours j’ai rencontré une comédienne, assez jeune, très brillante, avec qui je discutais, très agréablement, tout en la vouvoyant – alors que j’étais son ainé de presque vingt années. À un moment de la discussion, elle m’a demandé si cela m’embêtait que nous nous tutoyâmes. Je lui dis non, évidemment, et nous nous tutoyâmes, Mais j’aimais bien la vouvoyer.</p>
<p>Le football – sans transition – c’est différent, et pourtant la même chose, et à la même période.</p>
<p>J’ai grandi en face du stade de Colombes – le stade Yves du Manoir, oui ; j’ai supporté le Racing, j’y ai joué d’ailleurs. Je ne marquais pas beaucoup mais je me souviens très bien – on ne se sautait pas dessus, à l’époque, on ne se partouzait pas sur la pelouse, on ne se claquait pas des bisous sur la crâne, sur le front, sur la joue, quand l’un des nôtres marquait un but. On se tapait dans la main, ou on se tapait dans le dos. Regardez les images, vous serez sidérés. Les célébrations de but, aujourd’hui et hier. Et même en Coupe du Monde, même les buts importants.</p>
<p>Jusqu’à la fin des années quatre-vingt les footballeurs ne s’embrassaient pas, au risque d’être traités de pédés. Aujourd’hui ils s’embrassent, oui, se partouzent, se frottent les fesses, les cheveux, les jambes, mais détestent qu’on les traite de pédés. Même s’ils le sont. Milieu homophobe s’il en est : le football. Homophobe et homosexuel à la fois, milieu mal dans sa peau, hypocrite et menteur, assez peu ragoutant, milieu qui fait de la peine.</p>
<p>Je pensais naïvement que les mentalités, au moins dans ce domaine, pourraient évoluer à l’aune de ces bisous, de ces partouzes publiques que l’on nous sert dorénavant à la moindre ouverture du score, au moindre but raccroc. Mais il n’en fut que dalle. Et nul n’y fait son coming-out, sans peine d’être lynché. Mentalité ignoble.</p>
<p>Ai dit très récemment – hier soir, pour être juste, à Valentine et Alex, qu’il faudrait que je parle de ce député du nord, Christian Vanneste, et de ses propos, de gros con, condamnés au mauvais endroit.</p>
<p>Mais je n’ai plus très envie. Et un gros con en moins, quel qu’il soit, homophobe, c’est toujours ça de gagné.</p>
<p>Sans doute y reviendrai-je, ce cas est intéressant. Mais là il se fait tard, et je suis déjà long. Bavard.</p>
<p>Je vous embrasse, camarades.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Venez finir le mois avec nous et UNE SCÈNE. On est heureux, cela se passe bien, critiques démentes, public ravi. C’est beau une pièce qui se passe bien, c’est tellement rare. Nous la rejouerons plus tard, ailleurs, nous aurons des dates de tournée, mais nous sommes encore là, heureux, au Ciné 13 jusqu’au 3 mars. Venez. Buvons des coups. Faisons-nous des bisous. Soyons cons comme des bites.</em></p>
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		<title>Rue des petits hôtels</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 03:09:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai appris tout à l’heure que l’affreuse publicité bleue pour une marque de parfum ‑ Chanel je crois ‑ avec Gaspar Ulliel et des parois qui tombent, avait été réalisée par Martin Scorsese. J’ai appris également que des gens comme Cédric Klapish ou Jacques <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/11/rue-des-petits-hotels/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/arrdt_10.gif"><img class="alignright size-medium wp-image-3125" title="arrdt_10" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/arrdt_10-300x242.gif" alt="" width="300" height="242" /></a>J’ai appris tout à l’heure que l’affreuse publicité bleue pour une marque de parfum ‑ Chanel je crois ‑ avec Gaspar Ulliel et des parois qui tombent, avait été réalisée par Martin Scorsese. J’ai appris également que des gens comme Cédric Klapish ou Jacques Audiard en réalisaient plein, des publicités, et des assez pourries d’ailleurs.</p>
<p>J’adore ce monde.</p>
<p>Mais je suis arrivé fatigué à ce dîner, aussi, préoccupé, avec un nœud dans le ventre. Période très riche, et compliquée.</p>
<p>Nous nous sommes racontés plein d’histoires, ce soir, des très bonnes, des choses évidemment inracontables, mettant en scène des gens vraiment médiocres, dégueulasses, très connus, dans le milieu de l’édition notamment, que je ne peux malheureusement pas raconter. Pourtant ce serait tellement plaisant, enfin écrire vraiment les choses – même si ce n’est pas du tout poli, incorrect, dégueulasse. Balancer les salauds, les merdeux, les horribles. Je ne balance pas, mais je les connais, j’ai les noms, les histoires. Les miennes et celles de quelques autres.</p>
<p>Un jour, peut-être, se défouler, écrire vraiment la vérité…</p>
<p>À un moment, une de mes meilleures amies a dit une phrase qui m’a troublé : <em>“Et ce n’est pas une question de morale, elle a dit. On s’en fout de la morale !”</em> C’était une drôle de phrase, que j’ai prononcée déjà, tellement souvent. Pourquoi n’étais-je pas d’accord avec elle, ce soir, pourquoi n’étais-je pas d’accord avec moi ? Ce soir, vraiment, je pensais :<em>“Si, c’est une question de morale…”</em> – et là m’est venue en tête la couverture de <em>Libé</em> avec le visage de Nicolas Sarkozy, et ce titre<em>, “Le Réac”</em>, un sentiment tellement “réac”…</p>
<p>Mais j’en ai beaucoup des histoires… Tous les jours en ce moment, je ferais quatre feuillets sur chacune si je pouvais, des bonnes histoires, et simplement pour balancer, oui, pour dire comment les choses se passent, dans ces milieux bien sûr, mais dans la vie aussi… Les saloperies, les enculeries, les bêtes et les méchants autour, les connards, les teubés, les aveugles ou les sourds.</p>
<p>Mais évidemment non.</p>
<p>Je me suis soudain senti si vieux, si vous saviez…</p>
<p>Trop pas jeune, trop pas dingue, trop pas ouf. Trop pas le mec qu’en a rien à foutre.</p>
<p>La morale, oui. Ma morale.</p>
<p>Je me souviens qu’il y a quelques années, un critique m’avait traité de “moraliste”, je l’avais vraiment mal pris – pourtant sa critique était bonne. Et en fait il avait raison. J’ai un avis sur la morale, oui. J’en ai une. Et plus les années passent, et plus cela m’importe. Plus je me rends compte que la vie est très brève, et que la seule chose qui compte est la trace que l’on laisse, et l’amour que l’on donne. Pas dans l’art, non, pas seulement, dans la vie, être la meilleure personne possible, ne pas refaire les mêmes conneries, se regarder le matin dans la glace, ne pas vouloir être président, mais la meilleure personne possible, ne pas se raser, non, juste essayer d’être quelqu’un de bien.</p>
<p>Chimères, allez. Chimères.</p>
<p>Ou pas.</p>
<p>J’ai repris mon scooter, je suis rentré chez moi. Embrasser mes amis.</p>
<p>Quelque peu chamboulé.</p>
<p>Rue des petits hôtels, je me suis arrêté à un feu pour allumer une cigarette.</p>
<p>Là j’ai vu deux personnes, sur une bouche d’aération, dans la rue, qui dormaient.</p>
<p>La température à Paris, rue des petits hôtels, était de moins huit degrés.</p>
<p>Je suis rentré chez moi, en scooter, j’avais froid, mais bizarrement je m’en foutais.</p>
<p>J’ai composé le 115.</p>
<p><em>“Bonjour, ai-je entendu. Compte tenu du nombre d’appels importants, toutes nos lignes sont occupées. Merci de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement.”</em></p>
<p>J’ai raccroché.</p>
<p>Bon.</p>
<p>Je rappellerai ulérieurement, me suis-je dit.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Il est trois heures de matin, et cela fait trois heures que j’essaie de joindre le 115, que je tombe sur le même message… Je&#8230; ne sais pas&#8230; Peut-être que deux personnes sont en train de mourir de froid sur une bouche d&#8217;aération, place Franz Liszt, rue des petits hôtels, peut-être que non, j&#8217;espère que non – mais je sais dorénavant que le 115 c’est de la merde, c’est tout faux, tout abject. Je ne sais pas si François Hollande et les siens feront mieux, mais je voterai pour lui. À tous les tours, de tout mon cœur. Moi qui ne vote mais tellement pas.</em></p>
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		<title>Quatre frères</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 22:45:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce matin, pas très tôt, j’étais au Copy Top, avenue de Villiers, afin de faire proprement relier une sortie papier de “Fille⎮Mère” pour la donner à Valentine.
Je vais souvent au Copy Top, c’est un endroit que je fréquente – mon père m’a offert <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/06/quatre-freres/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/340926_103380746454778_100003485587001_12570_591770_o1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3106" title="340926_103380746454778_100003485587001_12570_591770_o" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/340926_103380746454778_100003485587001_12570_591770_o1-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>Ce matin, pas très tôt, j’étais au Copy Top, avenue de Villiers, afin de faire proprement relier une sortie papier de “Fille⎮Mère” pour la donner à Valentine.</p>
<p>Je vais souvent au Copy Top, c’est un endroit que je fréquente – mon père m’a offert une machine à relier il y a quelques années, mais elle ne marche plus, ou je ne suis pas doué, ou je n’ai pas la patience.</p>
<p>Tandis que j’attendais tranquillement, dans la boutique déserte, que mon vendeur habituel ait terminé son petit ouvrage, un garçon est entré. Il avait l’air d’un jeune roumain, assez mal habillé, d’une propreté douteuse. Un second vendeur est arrivé, l’a vu, a soupiré. “C’est pour quoi, a-t-il dit ?” “Quatre frères” a répondu le jeune homme, avec un gros accent roumain. Le vendeur a ouvert un tiroir, duquel il sortit quelques feuilles, chercha, puis trouva celle sur laquelle il y avait inscrit à la main “<em>J’ai quatre frères…”</em> puis autre chose, huit fois sur la page, comme ces petits billets que les personnes vous tendent dans la rue ou le métro avant de vous demander une pièce.</p>
<p>Le vendeur mit la feuille dans la photocopieuse, puis il alla chercher le papier épais, de couleur verte, que lui désignait le jeune homme. “C’est un euro la feuille, dit-il à son client”, lequel acquiesça, puis lui indiqua sans rien dire un tiroir. Toujours en soupirant, le vendeur ouvrit le tiroir, en sortit une paire de ciseaux, qu’il lui tendit, puis lança les photocopies.</p>
<p>L’autre vendeur m’amena mon texte, relié, avec un grand sourire : “C’est une nouvelle pièce, me demanda-t-il ?” Je répondis : “Voilà”, payai les sept euros cinquante, puis quittai la boutique – tandis que le jeune roumain, après avoir déposé un billet de cinq euros sur le comptoir, découpait méthodiquement les cinq photocopies sur papier cartonné, à l’aide de la paire de ciseaux, afin d’en faire ses petits <em>flyers</em> – terme ironique et discutable, je suis d’accord.</p>
<p>Je repris mon scooter, et filai rejoindre Valentine.</p>
<p>Sur le chemin, très court, un souvenir me revînt.</p>
<p>J’avais seize, dix-sept ans, je cherchais un travail d’été, gagner un peu d’argent. Un de mes amis m’amena un matin dans une boutique désaffectée de La Garenne-Colombes : “Un très bon plan, m’avait-il dit.” Une personne d’allure douteuse, vraiment très grasse, vraiment vilaine, nous expliqua le topo – à moi, mon ami, et les sept ou huit autres jeunes gens présents au rendez-vous. Il fallait vendre des gravures, des toiles pourrîtes, des dessins de merde, en porte à porte. Pour chaque dessin vendu – je ne me souviens pas du prix – nous touchions un gros pourcentage. Pour bien les vendre, nous expliqua le monsieur, il nous fallait apprendre et réciter un texte, qu’il nous distribua, que nous devions mémoriser durant le trajet. Puis il nous fit monter dans une espèce de minibus, et nous déposa tous devant des barres d’immeubles du côté de Gennevilliers, avec un rendez-vous donné huit heures après au même endroit, et confia à chacun un carton à dessins plein de ces gravures pourrîtes.</p>
<p>Le texte à apprendre par cœur commençait par : “Bonjour monsieur, bonjour madame, excusez-moi de vous déranger, mais je sors de prison…”</p>
<p>Une heure plus tard, je pense que l’on m’avait claqué une cinquantaine de portes au nez. Sans doute n’étais-je <em>vraiment</em> pas bon vendeur, ou avais-je à l&#8217;époque l’air de <em>vraiment </em>sortir de prison. Je déposai le carton à dessins en bas de l’immeuble en question, et repartis vers Colombes à pied.</p>
<p>Cinq ou six mois après, tandis que je prenais un cours de conduite avec un moniteur d’auto-école, vraiment très très gros con, qui avait fait l’Algérie, que j&#8217;avais envie de cogner, j’arrêtai la voiture en plein sur l’autoroute, la bande d’arrêt d’urgence, et rentrai à pied vers Colombes à nouveau – tandis que le gros con de moniteur, incrédule, s’égosillait à me rappeler dans mon dos.</p>
<p><em>Same old story.</em></p>
<p>Je n’ai jamais passé le permis.</p>
<p>Je roule en scooter, je prends pas le métro.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Non plus. Juste une pensée pour mon Marco, </em>Quatre Frères<em>, c’est pour toi. Et </em>Les Papas et les mamans<em>, c’est à partir du 14 février au Théâtre Les Déchargeurs – tous les renseignements <a href="http://www.lesdechargeurs.fr/node/2106">là</a>. Tu me diras.</em></p>
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		<title>Débrief (#5)</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 01:15:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n’ai pas fêté notre anniversaire, dîtes donc. Un an. Un an déjà. Drôle d’année. J’avais dit que je tiendrais un an, j’ai tenu un an. J’aime quand je fais ce que je dis.
Plus je vieillis, plus j’essaie d’être un garçon fiable. C’est <a href="http://www.diasteme.net/2012/02/04/debrief-5/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/Husbands-Cassavetes-1970_galleryphoto_paysage_std.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3091" title="Husbands-Cassavetes-1970_galleryphoto_paysage_std" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/02/Husbands-Cassavetes-1970_galleryphoto_paysage_std-300x174.jpg" alt="" width="300" height="174" /></a>Je n’ai pas fêté notre anniversaire, dîtes donc. Un an. Un an déjà. Drôle d’année. J’avais dit que je tiendrais un an, j’ai tenu un an. J’aime quand je fais ce que je dis.</p>
<p>Plus je vieillis, plus j’essaie d’être un garçon fiable. C’est une belle chose dans la vie, je trouve. Pouvoir compter sur quelqu’un, <em>anyhow, anywhere, anytime</em> – oui, je mets des mots anglais, j’aime bien, et ça fera plaisir à tous nos lecteurs australiens (spéciale dédicace). Je ne suis pas fiable non plus tout le temps, avec n’importe qui, ne poussons pas. D’aucuns doivent même penser que je suis tout sauf fiable – ceux que je devais rappeler, par exemple, et que je n’ai pas – je m’en excuse. Mais d’autres ont eu des preuves, récemment, mais parlons d’autre chose sinon personne ne comprendra rien à ce papier, et ce n’est pas l’idée.</p>
<p>C’est très bizarre d’avoir envie d’écrire quand on n’a pas grand chose à raconter, ou quand on ne peut pas raconter ce qu’on aurait envie d’écrire. C’est très frustrant. Ça vous démange. Mais on ne peut pas.</p>
<p>Je n’ai rien fait d’autre que travailler depuis un mois, je n’ai pas regardé les actualités, la télévision, je n’ai pas lu les journaux – sinon les pages « théâtre » que m’envoie mon Jean-Phi (que j’aime). Je n’ai lu aucun livre, je me couche vraiment très tard, fatigué, je n’ai vu aucun film, sinon des bouts de certains, piochés dans le coffret des Césars – mon vote, allez hop, je vous le livre (même si je n’ai pas le droit, non, c’est secret, l’Académie des Césars n’aura qu’à m’envoyer des serbes). Meilleur film : <em>Les Bien-Aimés</em> (et il n’est pas nommé, non, mais je m’en fous, je voterai pour lui). Meilleur acteur : Olivier Gourmet dans <em>L’Exercice de l’Etat</em> (film splendide, magnifique). Meilleure musique : Alex Beaupain. Donc mon vote des Césars ça c’est fait.</p>
<p>Pour le reste, je n’ai même pas vu que François Hollande avait été enfariné – quelle drôle d’idée – et je viens d’apprendre, en rentrant d’une vraiment belle représentation d’<em>Une Scène</em>, la mort de Ben Gazzara. J’aimais beaucoup Ben Gazzara, c’était le sosie du mec d’une de mes grand-mères, en plus, mais ça n’a pas de rapport.</p>
<p>Gazzara, Cassavetes, <em>Opening night</em> – quand je vous dis que ce blog est cohérent.</p>
<p>Il y a trois ans et quelques de ça, j’ai fait partie d’un jury avec Zoe Cassevetes, que je ne connaissais pas, que j’ai appris à aimer. Un soir où nous discutions, son téléphone a sonné, elle a regardé le nom affiché, a soupiré, puis m’a dit, avec son petit accent : “C’est ma mère… Il faut que je décroche, pardon…” La première phrase qui m’est venue est : “Passe-la moi !” C’était idiot, oui, mais bon, parler à Gena Rowlands quoi, juste pour lui dire bonsoir, bonsoir et qu’on l’aimait. Petit plaisir, petite joie.</p>
<p>Ensuite, je me souviens que nous sommes allés rejoindre Ara et Léa dans une fête, et qu’une grande actrice française pas très bonne nous a soulés dans le hall de l’hôtel sur l’air de « Est-ce vraiment une bonne idée de ressortir si tard alors que nous avions des films à juger tôt le lendemain ? » – elle-même fin-cuite, évidemment – et je me souviens m’être dit qu’à une ou deux exceptions près, les grandes actrices françaises, vraiment, ce n’était pas Gena Rowlands.</p>
<p>Je ne sais pas pourquoi je parle de ça. Du tout. Ah si, Ben Gazzara. <em>Husbands.</em></p>
<p>Tiens je vais mettre cette photo, voilà, celle des trois, la connue, avec Peter Falk et Cassavetes, quand ils rient.</p>
<p>Dieu que j’ai aimé ça.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Non.</em></p>
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		<title>L&#8217;éternité et un jour</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 00:27:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nadine Morano part en vacances, en week-end, en voyage privé ça s&#8217;appelle. Nadine Morano est ministre, alors quelques motards l&#8217;escortent. C&#8217;est comme ça, c&#8217;est normal, c&#8217;est la république ça s&#8217;appelle. Il faut sans doute qu&#8217;elle aille très vite, il ne faut pas rater l&#8217;avion, <a href="http://www.diasteme.net/2012/01/27/leternite-et-un-jour/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nadine Morano part en vacances, en week-end, en <em>voyage privé</em> ça s&#8217;appelle. Nadine Morano est ministre, alors quelques motards l&#8217;escortent. C&#8217;est comme ça, c&#8217;est normal, c&#8217;est la <em>république</em> ça s&#8217;appelle. Il faut sans doute qu&#8217;elle aille très vite, il ne faut pas rater l&#8217;avion, c&#8217;est moche de rater son avion, ça vous fout vos vacances en l&#8217;air. Et ce qui est <em>privé</em> est tellement important.<br />
Un jeune homme traverse la rue, il a des écouteurs on raconte. Ce con. Les motards le renversent. Ils ne font pas exprès. Même si il porte des écouteurs, si ça se trouve un blouson. Et puis ce jeune tombe dans le coma, c&#8217;est moche, ah bravo, les vacances de Nadine Morano sont foutues. Obligée d&#8217;aller à son chevet, d&#8217;en parler à la presse, de reporter son voyage privé.<br />
À quelques milliers de kilomètres de là, un pays que j&#8217;aime, au même moment, un vieux traverse la rue. Il ne porte pas d&#8217;écouteurs. Ce con. Il s&#8217;appelle Théo Angelopoulos, c&#8217;est un très très grand cinéaste, mais comme il n&#8217;est pas ministre il n&#8217;a pas droit à une escorte, bien qu&#8217;il prépare son nouveau film. Pourtant, en Grèce, puisque c&#8217;est là que l&#8217;histoire arrive, on aime énormément son art, mais on a d&#8217;autres chats à fouetter. Un motard vient et le renverse, le vieux tombe dans le coma aussi, mais comme il est vieux lui est mort, alors que le jeune s&#8217;en est sorti.<br />
Quand j&#8217;ai lu ça sur internet, je me suis souvenu d&#8217;un texte de Philippe Djian, un de ses premiers, <em>Une raison d&#8217;aimer la vie</em>, ça s&#8217;appelait.<br />
&laquo;&nbsp;Je me trouvais à Athènes lorsque j&#8217;ai appris la mort de Richard Brautigan. Mes premières vraies vacances depuis dix ans (&#8230;) Lorsque je suis tombé sur l&#8217;article, ma femme achetait des pistaches. Le type en avait laissé quelques unes sur la table avant de repasser (&#8230;) Athènes est une ville que j&#8217;adore. J&#8217;avais moi aussi le sourire aux lèvres lorsque j&#8217;ai appris qu&#8217;il était mort. A Bolinas, en Californie. Depuis, je ne suis plus le même. Je me réveille la nuit. Et vous non plus, vous n&#8217;êtes plus les mêmes, que vous en soyez conscients ou non. Qu&#8217;est-ce que tu as ? Ça ne va pas ? me demanda-t-elle. Je l&#8217;ai regardée sans dire un mot puis je lui ai tendu le journal (&#8230;) le journal s&#8217;est refermé avec un bruit d&#8217;ailes effrayant. (&#8230;) Je donnerais dix mille vies pour la vie de Richard Brautigan. J&#8217;essaie de vous dire ça en vous regardant en face. Vingt mille. Au fond, je ne m&#8217;écœure pas du tout. Il en tombe des centaines de milliers tous les jours. Est-ce qu&#8217;on pense à ses millions de lecteurs, à ces réservoirs de sang neuf qu&#8217;étaient <em>Mémoires sauvés du vent</em> ou <em>La vengeance de la pelouse</em>? Quelqu&#8217;un essaierait-il de venir m&#8217;arracher des mains <em>Tokyo Montana Express</em>? (&#8230;) J&#8217;invitai le gars à partager la bouteille avec moi. Non, il n&#8217;avait jamais entendu parler de Richard Brautigan (&#8230;) Je lui expliquai que Brautigan était une des bonnes raisons d&#8217;aimer la vie, j&#8217;étais à deux doigts d&#8217;envoyer un torrent de larmes à travers la pièce mais il me souriait de toutes ses dents (&#8230;) Richard Brautigan, j&#8217;ai murmuré. Son nom c&#8217;était Richard Brautigan.&nbsp;&raquo;<br />
Je ne donnerai la vie d&#8217;aucun jeune homme contre celle de Théo Angelopoulos, ce n&#8217;est pas ce que j&#8217;ai voulu dire, qu&#8217;on me comprenne bien. Je suis heureux qu&#8217;il soit sorti du coma, je lui souhaite une belle vie. Je trouve juste que nous sommes vraiment peu de choses, ce soir, et je pense à Théo Angelopoulos. Avec tendresse, respect, et nostalgie.<br />
J&#8217;espère tout simplement que d&#8217;ici quelques jours, moins de cent, Nadine Morano ne sera plus ministre, qu&#8217;elle n&#8217;aura plus d&#8217;escorte &#8211; même s&#8217;il serait ridicule et injuste de lui reprocher cet accident, elle n&#8217;y est pour rien, cela arrive, il y a d&#8217;autres choses à lui reprocher. J&#8217;espère qu&#8217;elle profitera de son temps libre pour regarder des films, ceux de Théo Angelopoulos, <em>L&#8217;éternité et un jour</em>, par exemple.<br />
Elle risque de bien bien se faire chier, cela dit. Pas sûr sûr qu&#8217;elle adore.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Du théâtre, du théâtre, du théâtre. Des critiques qui me touchent, certaines qui me bouleversent. Les retours. Et puis ce qui ce se passe sur la scène, dans la salle. Dans notre bar rue Lepic après&#8230; &laquo;&nbsp;Autour du moulin&nbsp;&raquo; ça s&#8217;appelle, venez&#8230; On y est vers 20h15, mais soyez à la pièce avant, comme ça on pourra discuter&#8230; Et les autres pièces qui arrivent, de moi mais pas par moi. <em>La Tour de Pise</em> ce soir au Havre, <em>Les Papas et les mamans</em> à suivre, un nouveau 107 ans très bientôt&#8230; Peut-être une nouvelle chose après&#8230; Auteur gâté, vraiment. Et du cinéma qui se prépare, se concocte&#8230; Ne pas marcher à pied, non. Rouler en scooter. Même sans casque, même bourré. Dire merci, dire pardon, dire je t&#8217;aime, et rouler.</em></p>
<p><em>PS/ Pas d&#8217;image en hommâge.</em></p>
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		<title>La cuisse de Marcel Aymé</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 09:56:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne suis pas superstitieux. Du tout. Pourtant, mes premières années de théâtre, je portais toujours un bonnet noir lors des représentations de mes pièces. Je l’avais porté le premier soir, cela s’était bien passé, du coup je l’avais gardé. On ne change pas <a href="http://www.diasteme.net/2012/01/15/la-cuisse-de-marcel-ayme/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/01/070.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3061" title="070" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/01/070-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Je ne suis pas superstitieux. Du tout. Pourtant, mes premières années de théâtre, je portais toujours un bonnet noir lors des représentations de mes pièces. Je l’avais porté le premier soir, cela s’était bien passé, du coup je l’avais gardé. On ne change pas une équipe qui gagne.</p>
<p>Un soir – des années plus tard, sur une autre pièce – j’ai retiré ce bonnet, ou peut-être l’avais-je oublié. Rien d’anormal n’est arrivé, le spectacle s’est passé sans embûches. Aussi j’ai laissé tomber ce porte-chance, et me suis libéré de ce gri-gri laineux et assez moche en plus.</p>
<p>Avec mes comédiens, cela était la même chose. J’avais des rituels. Ceux-ci changeaient selon les pièces, selon les comédiens, mais j’instaurais toujours une espèce de routine, leur disant toujours la même phrase, les embrassant au même endroit, cinq minutes avant qu’ils entrent en scène. Je me revois courant, dans des loges inconnues, dans des salles inconnues, en tournée, façon <em>Spinal Tap</em>, pour surtout toucher la main de Jeanne, Fred ou Emma, tandis que l’annonce portables se faisait dans la salle.</p>
<p>Mais je ne suis pas superstitieux.</p>
<p>Le soir de la première d’<em>Une Scène</em>, je suis allé fumer une cigarette sur la petite place en face du Ciné 13, regardant d’assez loin le public qui entrait – je me cache toujours quand les gens entrent, je regarde ça de loin, et puis j’aime être seul, je n’aime pas beaucoup qu’on me parle, ni un quart d’heure avant, ni un quart d’heure après.</p>
<p>La place s’appelle Marcel Aymé. Jean Marais a vécu ici. Sur le mur à coté de son immeuble, il a d’ailleurs sculpté une statue de Marcel Aymé, bronze de l’auteur sortant du mur en hommage à son <em>Passe-Muraille </em>(voir <a href="http://www.zevisit.com/tourisme/montmartre/place-marcel-ayme">là</a>). C’est assez beau, et assez drôle, tous les touristes viennent l’admirer, se prendre en photo à côté d’elle. Un matin, avant d’aller répéter, nous sommes allés avec Andréa et Julien se prendre en photo nous aussi à côté de la statue. Ce qui était assez grotesque – et qui nous a bien amusé.</p>
<p>Ce mercredi 11 janvier 2012, donc, à 18h45 précises, regardant le public entrer, je me retourne vers la statue et, pour une raison qui m’échappe, je touche la cuisse de Marcel Aymé, sortant du mur. Puis je descends voir mes comédiens.</p>
<p>Julien est en bas, il fait ses exercices, je l’appelle, lui dis : “J’y vais, à tout à l’heure”, puis je passe devant Andréa, se concentrant dans le noir, dans la loge rapide, et lui fais un baiser sur la tête. Pas de rituel, plus de routine, pas de mise en scène ridicule du moment. Ils savent ce qu’ils ont à faire, et ils savent que je les aime, que j’ai confiance en eux.</p>
<p>Je m’installe dans la salle, le spectacle commence.</p>
<p>Tout s’est très bien passé.</p>
<p>Les trois soirs qui ont suivi, vous allez rire, j’ai touché la cuisse de Marcel Aymé, puis j’ai dit à Julien : “J’y vais, à tout à l’heure”, et j’ai embrassé Andréa sur la tête.</p>
<p>Mais je ne suis pas superstitieux.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Quoi vous dire d’autre ? Venez au <a href="http://www.cine13-theatre.com/">Ciné 13</a>, du mercredi au samedi, 19h.  Venez un peu plus tôt – nous commençons à l’heure, et allez admirer la belle statue de Jean Marais, toucher la cuisse de Marcel Aymé.</em><em> </em></p>
<p><em>PS/ Photo Andréa Brusque et Julien Honoré dans </em>Une Scène<em> © Richard Schroeder   </em></p>
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		<title>Première</title>
		<link>http://www.diasteme.net/2012/01/03/premiere/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 23:11:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est un joli mot, première. Pendant longtemps, quand on me disait première, je pensais à une classe, puis à un magazine, depuis dix ans cela ne m’évoque plus que le théâtre – soir de première, dans huit jours donc.
Ma première première c’était à <a href="http://www.diasteme.net/2012/01/03/premiere/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/01/opening-night-original.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3046" title="opening-night-original" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2012/01/opening-night-original-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a>C’est un joli mot, <em>première</em>. Pendant longtemps, quand on me disait <em>première</em>, je pensais à une classe, puis à un magazine, depuis dix ans cela ne m’évoque plus que le théâtre – soir de <em>première</em>, dans huit jours donc.</p>
<p>Ma première <em>première</em> c’était à Nice, un soir de décembre 2001, j’avais un bonnet sur la tête et un très très long manteau noir. Le bonnet était censé porter bonheur, le manteau j’avais décidé de ne pas le retirer, des fois que cela se passe mal, que je puisse m’enfuir vite, prendre le dernier train de nuit.</p>
<p>Cela ne s’est pas mal passé.</p>
<p>J’ai gardé le bonnet comme grigri quelques années encore, ce qui était ridicule, surtout à Avignon en juillet. Puis le bonnet est parti, plus de grigris. Les premières se sont enchainées. Première à la création, première à la reprise, première en tournée. Pour chaque pièce de théâtre, quand cela se passe bien, il y a au moins trois premières. Lors, forcément, on s’habitue, on transpire moins, les <em>cadeaux de première</em> n’amusent plus, on ne sait plus quoi trouver : “Un paquet de clopes c’est bien. Je suis sûr que ça leur fera plaisir.”</p>
<p>Je n’ai pas le goût effréné des premières fois, cette espèce de nostalgie sotte, goût de l’innocence ou je ne sais quoi, tout étant mieux quand on ne sait rien. Je n’y crois pas. Je trouve au contraire que tout est plus fort quand on sait, quand on refait, quand on fait mieux, qu’on est meilleur.</p>
<p>Je me souviens de cette première <em>première</em>, oui, avec une vraie tendresse. Je me souviens de tout, ce qui s’est passé avant, pendant, après, les images sont extrêmement claires. Pourtant j’ai oublié les autres. Les nombreuses autres. Parfois, pourtant, je me dis que j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans de théâtre. Je n’en ai que dix, je n’en suis qu’au début. Je commence à peine.</p>
<p>C’est tellement agréable, c’est un si joli métier. J’en connais les travers, les défauts, la bêtise, la violence, je l’apprécie encore plus en sachant. Retour aux fondamentaux.</p>
<p>Un des fondamentaux de ce métier, par exemple, est de dire que la <em>seconde</em> est nulle. C’est un axiome de base, une loi irrévocable, la première il y a <em>une magie</em>, la seconde est <em>nulle</em>. Si vous saviez comme ça m’énerve… Si vous saviez comme je me bats – souvent en vain – contre cette loi. Aussi, depuis, je ne compte plus comme les autres.</p>
<p>La <em>première</em> de ma pièce, pour moi, a déjà eu lieu. C’était vendredi 30 décembre, en fin d’après-midi, au Ciné 13 Théâtre, il n’y avait que moi dans la salle. Il n’y avait pas de lumière, pas de son, pas de musique, pas de costumes, ce n’était pas les bonnes chaises, la bonne table, mais c’était les vrais comédiens, le vrai texte, le vrai jeu. Ma pièce. Si cela tient comme ça, me suis-je dit, moi cela m’ira bien, et même bien mieux que bien. Je serai plus que fier.</p>
<p>En haut de ma feuille de notes il y avait écrit <em>Une Scène #1</em>.</p>
<p>La soir de la <em>première</em> il y aura écrit <em>Une Scène #14</em>, voire <em>Une Scène #15</em>, et voilà.</p>
<p>C’est parti.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Pour information je ne vais pas saluer aux premières, jamais. Je ne salue qu’aux dernières – et surtout, surtout, j’y fais l’annonce portables. Je fais ça trop trop bien. Bonne année à tous, camarades. De l’amour, de l’amour, de l’amour.</em></p>
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		<title>Une Scène</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 18:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Diasteme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors voilà, nous y sommes, le moment d’annoncer quelque chose, de montrer une affiche, de donner rendez-vous. La pièce s’appelle Une Scène, ce sera au Ciné 13 Théâtre, à Paris, à Montmartre, du mercredi au samedi, 19h. Première le 11 janvier.
Cela ne dira <a href="http://www.diasteme.net/2011/12/21/une-scene/" class="read_more">(...)</a]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2011/12/UNE-SCÈNE-affiche-VDEF.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-3003" title="UNE SCÈNE affiche VDEF" src="http://www.diasteme.net/wp-content/uploads/2011/12/UNE-SCÈNE-affiche-VDEF-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Alors voilà, nous y sommes, le moment d’annoncer quelque chose, de montrer une affiche, de donner rendez-vous. La pièce s’appelle <em>Une Scène</em>, ce sera au Ciné 13 Théâtre, à Paris, à Montmartre, du mercredi au samedi, 19h. Première le 11 janvier.</p>
<p>Cela ne dira pas rien à ceux qui suivent ce blog, l’idée est née ici il y a de ça quelques mois. Au début quelques pages, des répliques, un dialogue. Une histoire qui surgit sans qu’on s’en aperçoive, une histoire qui prend forme, un ton qui se révèle, une situation théâtrale, une intrigue, des personnages, avec qui l’on se sent bien, qu’on voudrait mieux connaître, que l’on ne veut plus quitter.</p>
<p>D’où naissent les pièces ? D’où vient le vent ?</p>
<p>Ces esquisses, d’ordinaire, sont et restent privées, qu’on les découvre ici me fait assez plaisir, je ne bifferai pas. Essence même d’un journal, carnet de notes ou de croquis, brouillon public. Sur le reste, les méandres, les arcanes, la fiction, je serai mystérieux – toujours être (ou paraître) un petit peu mystérieux. Et puis j’ai toujours détesté commenter mon travail – note d’intention, note d’écriture, note de mise en scène, les gens adorent trop faire des notes /pas moi. J’aime écrire des papiers, des pièces, des films ou des romans, des poèmes, des chansons, je n’aime pas faire de notes, ou seulement de musique, et là je n’ai pas le temps.</p>
<p>Nous sommes en plein travail, dans le ventre de la pièce. Un tas d’images – plus ridicules les unes que les autres – me viennent pour expliquer le travail de mettre une pièce au monde… De “mettre une pièce au monde” !? Non mais ça va pas bien !? Quand je vous disais… De mettre en scène, disons, de donner vie… Enfin non… Quoi que si&#8230; Enfin merde.</p>
<p>Nous travaillons, voilà. Du mieux possible. Dans la hâte, dans la fièvre, dans l’élan. Je suis bien entouré : Salomé à la tête – elle et toute son équipe, Jean-Philippe à la presse, Richard à la photo, Stéphane à la lumière, Thomas à l’oreille, Kéthévane à l’oeil, et puis Julien, et Andréa. En tant qu’auteur/metteur en scène, j’ai la très grande chance, depuis des années, de travailler avec des comédiens formidables, d’avoir autour de moi une espèce de “bande d’acteurs”, de troupe – qui sont presque tous également mes amis (et cela vaut pour la technique). Selon les projets, cette petite troupe s’agrandit, vient et va – et je retravaillerai avec tous.</p>
<p>Je n’avais pas retravaillé avec Julien depuis <em>Les Justes,</em> je suis heureux de le retrouver là, quelques années après – il était imberbe à l’époque&#8230; Andréa, bien qu’elle ait été ma Lucie – dans la belle version de <em>La Nuit du thermomètre</em> qu’avait montée Damien, n’avait travaillé avec moi qu’une seule fois, pour une lecture publique d’<em>Hammam</em>. J’avais envie de les retrouver, elle et lui, cette pièce était pour eux. La chance a fait qu’ils étaient libres, et qu’ils étaient d’accord. Andréa Brusque et Julien Honoré ils s’appellent. Je les aime beaucoup, je suis fier d’eux.</p>
<p>Cela dit nous bossons, pas s’envoyer des fleurs. Suer, chercher, courir, penser, apprendre. Sauter. Se parler fort des fois. Crier, rire, et pleurer. Un chouette boulot, je vous le conseille. Très très très compliqué mais unique. Que j’ai le sentiment de découvrir à chaque fois. Pourtant, en dix ans, j’ai monté sept ou huit spectacles, je crois commencer à connaître&#8230; Mais je ne sais rien, et j’aime ne pas savoir… Faire semblant de pas savoir… Plaisir de donner, joie de recevoir&#8230; Ou le contraire.</p>
<p>La pièce dure une heure, c’est une histoire d’amour. Je crois que c’est drôle et violent, émouvant – du moins je l’espère. Cela parle d’être amoureux, cela parle d’être un couple, ici et maintenant, cela parle de s’aimer, cela parle de s’aimer fort, cela parle s’aimer dur.</p>
<p>Je ne suis pas le meilleur promoteur de mes spectacles, juste envie de dire “venez”, venez nous voir jouer, venez jouer avec nous. Il y a un lien <a href="http://www.3emeacte.com/cine13/Seances.aspx?manif=00000000-0000-0000-0065-000000000077">ici</a>. Dans quelques jours, sans doute, nous ferons un site, une page, quelque chose sur le net… Je ne sais pas encore. Les journées sont très courtes, elles passent extrêmement vite.</p>
<p>Solstice d’hiver.</p>
<p>Aujourd’hui 21 décembre, et demain le 22 : <em>“Zi officheul beurzdé of zeu général Tioum !”</em> Fêtez-le lui, il le mérite.</p>
<p>Et si je ne vous revois pas d’ici là, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes, un bon Noël, une bonne année. Plein de santé et plein d’amour. Mais nous nous reverrons d’ici là.</p>
<p><em>ADDENDUM/ Merci à Marie-Céline et Florence – elles se reconnaîtront. Cela est tellement rare, de nos jours, les gens fidèles et fiables, sur qui l’on peut compter. Mais il y en a, bien heureusement, et je sais qui ils sont. Je pense à eux très fort. Comme dit </em>Paris-Match<em> cette semaine : “Face à la crise, retour à la fraternité ?” Et j&#8217;adore citer </em>Paris-Match<em>.</em></p>
<p><em>PS/ Willkommen, bienvenue, welcome Mia !</em></p>
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