Le Monde d’hier

J’aurai donc écrit et réalisé deux films sur la montée de l’extrême-droite en France.

Quelques années de ma vie, donc.

Pas les plus reposantes.

Mais j’en suis très très fier.

Je crois que je connais bien le sujet, maintenant.

Et je connais bien le parti de Marine Le Pen, je connais sa violence, je connais ses méthodes, je connais ses mensonges.

J’apprends qu’un réalisateur français s’est filmé en train de brûler sa carte d’électeur après les résultats du premier tour.

Je vois tous ces gens de gauche, dépités, qui ne veulent pas choisir, voire même voter Marine Le Pen.

La colère est compréhensible, la folie non.

Le parti de Marine Le Pen a été créé par des collaborateurs et des Waffen SS, et il porte encore en son seing nombre de nostalgiques du Reich, antisémites, racistes, homophobes et violents – anciens skins ou membres du Gud, bande de Soral et Dieudonné, dont des amis intimes de sa Présidente. 

Le parti de Marine Le Pen est soutenu et financé par la Russie, la Russie de Vladimir Poutine – comme tous ses alliés d’extrême-droite en Europe. 

J’ai passé beaucoup de temps, ces dernières semaines, à discuter avec des députés ou des maires, des journalistes politiques, des spécialistes de l’extrême-droite ,et des spectateurs attentifs. Je n’ai entendu qu’une seule chose : la peur. 

Pour la première fois de leur vie, vraiment, ils pensent que l’extrème-droite peut remporter cette élection.

Je le pense aussi.

Il suffirait de pas grand chose, comme dans mon film, un dérapage, un événement, une désertion.

J’aurais adoré, moi aussi, que la gauche remporte cette élection.

Ce ne sera pas le cas (même si j’espère qu’elle remportera les législatives).

Mais si l’on se dit de gauche, ou de droite républicaine – ou tout simplement humaniste, ne pas aller voter Emmanuel Macron au second tour est un acte suicidaire.

C’est être responsable du plus grand drame que connaîtra notre pays depuis la seconde guerre mondiale.

C’est se tirer une balle dans la bouche.

PS / En troisième semaine d’exploitation, LE MONDE D’HIER garde ses 200 copies et est visible partout en France. Un film c’est peu, bien sûr, ça reste un film. Mais dîtes au réalisateur qui a brûlé sa carte d’électeur que si Marine Le Pen est élue, il n’y aura plus de Culture en France, d’exception culturelle. Des films, il ne pourra plus en faire.


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  1. La presidente de la Republique Elisabeth de Raincy (Lea Drucker) et le premier ministre Didier Jansen (Benjamin Biolay), dans « Le Monde d’hier », de Diasteme. PYRAMIDE DISTRIBUTION

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